Triathlon XXL de Vitoria – dimanche 8 juillet 18

Après six mois d’entrainement sous le soleil pluvieux du pays basque (durant l’hiver de janvier à mars suivi de l’hiver d’avril à juin), une quintette de triathlètes tout bleu est partie jouer de la trompette du côté de Vitoria-Gazteiz.
Six mois de préparation, d’assimilation, de natation, d’abnégation, de transpiration, à respecter une hygiène de vie irréprochable, sans charcuterie, sans alcool, sans bonbon haribo, sans raclette ou tartiflette, sans choux de Bruxelles.
Tout ceci n’est pas totalement exact mais il faut bien mettre de l’exagération dans les histoires sinon tout le monde s’endort et ne regarde que les photos.

Évidemment nous avions préalablement sondé d’éventuels motivés par l’aventure mais les excuses auront majoritairement pris le pas sur le gout du risque : “je ne peux pas, j’ai txistu aux fêtes d’Hasparren” (Romain), “arrête tes conneries, viens on va boire des bières plutôt” (Julien S), “ça ne m’intéresse pas, c’est pas qualificatif pour Hawai” (Iron Berron.), “un Iron Man? Je préfèrerais plutôt me raser la barbe” (Etienne), “pas cette année mais en 2019 je serai au départ à Roth” (Seb)…

Donc c’est bien à 5 que nous foulons les pavés de la capitale basque le samedi 7 juillet, veille de la course: : David, Benoit P. (inscrit à trois semaines de la course, comme si c’était le 10km des fêtes du quartier du port à Saint Laurent de Gosse), Pierre, Nico, et Etienne (le visage glabre car lui seul finalement était revenu sur sa décision initiale et avait donc respecté sa promesse).

Samedi
Ah! les triathlons et leur organisation si simple qu’il faut un livret du coureur de 49 pages pour se faire comprendre: tout d’abord retirer son dossard plaza de España, remplir les sacoches “bike”, “run”, “after race” en cogitant pour ne pas se tromper de sac et éviter de partir sur le marathon avec les tongs prévus pour l’après course, puis se rendre au lac à une vingtaine de kilomètres pour déposer les vélos – mais attention en respectant un horaire précis lié au numéro de dossard -, ne pas oublier de laisser la puce sur place sinon elle risque d’imploser, ne pas oublier de garder avec soi le dossard, mettre les autocollants sur le vélo, sur le casque, sur la jambe gauche, sur la fesse droite (pour les unijambistes) puis revenir à Vitoria pour déposer les chaussures de course à pied à un autre endroit. Tout faire dans le bon ordre, ne pas mélanger les étapes sinon cela risque de provoquer une faille dans l’espace temps…
Enfin, aidé d’un GPS et de quelques prières à San Marco Allen, nous parvenons à entrer toutes nos corvées dans les cases et nous partons nous détendre à l’hôtel à une demi heure en voiture de la ville.
Un repas de sportif (salade de riz en entrée, riz-poulet en plat et riz au lait en dessert) et nous sommes sûr d’avoir bétonné l’estomac pour les soixante douze heures à venir.
Le soir, nous répondons à peine aux tentatives extérieures de déstabilisation par sms, comme quoi l’eau du lac étant à 25°, la combinaison serait interdite. Etant tous des nageurs de haut niveau,  personne ne panique à cette idée…Surtout il est trop tard pour trouver un Décathlon ouvert où acheter un jammer néoprène de survie.

Dimanche:
Levés à des horaires pas convenables, nous rejoignons le lac de Landa via Vitoria pour prendre les bus affrétés (ah! les triathlons et leur organisation). .
Personne ne semble stresser, y compris Jessica qui enchaine son deuxième Iron Man en deux semaines et sans aucun signe de fatigue. Nous partons juste faire une ballade de quelques heures. Nous enfilons notre combi, David s’y reprend même à deux fois, la première cela bloquait: il croyait avoir pris des cuisses, suite à son entrainement intensif, alors qu’il avait juste oublié d’enlever son short.
Bonnet sur la tête, lunettes sur les yeux. Nous attendons…

La course:
Finalement, un Iron Man c’est comme un S mais en un peu plus long: corne de brume, on nage, on donne des coups, on sors de l’eau, on fait un peu de vélo, on boit des bidons d’eau parce que l’hydratation c’est important, on court puis on franchit la ligne.

Natation: 3k800 dans le bel environnement du lac de Landa et avec une eau à température idéale, c’est à dire que si les pingouins y risquent l’hyperthermie, l’eau n’est pas suffisamment chaude pour interdire la combinaison.

Résultat: Benoit 58’29 – Nico 1h11’48 – Pierre 1h12’40 – David 1h16’27 – Etienne 1h28’28

Photo de Benoit à la sortie de l’eau: un peu de temps perdu à la transition

 

Velo: Un vrai chantier. Virulente sérénade par un policier espagnol (pourtant réputé pour leur patience et leur sens de la diplomatie) pour circuler au milieu du parcours, des raccourcis à travers champs qui s’achèvent dans la boue et vélo sur l’épaule, des crevaisons, une voiture qui ne démarre pas faute de batterie…
Bon ça, c’est le résumé du “team supporters à bicyclette” qui se déplace à divers endroits de la course, un petit peu pour nous encourager mais surtout dans l’espoir (avorté) de nous surprendre en flagrant délit de drafting.
Pour les concurrents, cela sera 180km sur une route avec peu de dénivelé mais beaucoup de petites bosses et une très grosse (10%) et très inattendue vers le 160ème km dans laquelle les délinquants pourchassés par la maréchaussée basque se positionnent pour nous soutenir. Au Tour de France, les supporters ont l’habitude de droper à côté des coureurs le cul à l’air mais ici même Nemo n’aura pas osé et se contentera de courir pied nus à côté des vélos (avec suffisamment de retenue cependant pour ne pas nous doubler et saper ainsi notre moral).

Résultat: Benoit 4h49’51″” – David 5h09’28 – Pierre 5h19’21 – Nico 5h21’56 – Etienne 5h59’12

Course à pied : Vitoria est réputé pour son ambiance durant le marathon (4 boucles), avec une ville totalement dédiée au triathlon. Une ambiance indescriptible, des encouragements du début à la fin, que tu coures, que tu marches ou que tu avances sur les mains, des sonos sur le parcours, des endroits où on passe entre deux rangs de spectateurs qui hurlent et la place d’arrivée avec gradins où les gens tapent sur les panneaux publicitaires pour faire encore plus de bruit. Et parmi toutes ces voix inconnues, beaucoup de voix connues, de supporters en bleu et blanc qui nous soutiennent et nous poussent à aller puiser au fond de nous. Pour cela nous ne les remercierons jamais assez.

Résultat: Benoit 3h26’29 – Nico 3h59’06 – Etienne 4h01’28 – Pierre 5h12’43
David, malheureusement handicapé par une blessure à la cuisse, préférera mettre le clignotant.

Bilan
39° Benoit en 9h22’30 (2ème de sa catégorie d’âge)
234° Nico en 10h40’03
516° Etienne en 11h39’36
566° Pierre en 11h54’02

 

De la difficulté de la tâche: observez les visages fatigués des 3 gars autour du dossard 417…

 

Bon courage à ceux et celles qui n’ont pas encore fini leur saison….