IRONMAN D’HAWAII : Le résumé de Cédric

Voici le résumé de course de Cédric, Un grand bravo aussi à Séverine sa compagne et  supportrice n°1 de l’encourager chaque jour.

Maintenant place aux vacances…

Tout d’abord je tiens à vous remercier pour vos divers messages.

Ensuite, que dire.

L’approche de ma course a été perturbée par des douleurs au genou gauche tantôt au ligament, tantôt en haut du mollet et de temps à autre derrière le genou. Je  m’efforce de lever le pied au niveau de l’entrainement et du coup je commence à cogiter sérieusement.

Le voyage se passe bien à part que c’était interminable et le vélo manquait à l’arrivée. Je ne vous raconte pas mon état de stress. Ça plus le genou, j’étais au top de la dépression.

Le lendemain de l’arrivée à défaut de vélo, je pars faire le parcours natation en entier. Conditions au top. Eau chaude et des poissons de partout et de toutes les couleurs. Le pied (pas ceux de Jean Marie dans la ligne 5). L’après-midi, je pars courir 1 heure sur Ali drive en mode cul de jatte puisque je boite. Les sensations ne sont pas au top. Une sensation d’étouffement certainement due à l’atmosphère spécifique à cette île. Le soir j’apprends que le vélo arrivait à 21h. Après le diner on part donc réceptionner la mariée. 

Mercredi, au programme après le petit déjeuner baignade de 10 minutes sur ali drive où on a la mer à 30m de l’hôtel. Ensuite, je gonfle le vélo et je me bloque le dos en me baissant (pas beau de vieillir). Je pars faire la reconnaissance du parcours vélo pour la partie aller. Séverine me suit en voiture. Les 45 premiers km ça passe. Le vent est presque des fois légèrement favorable. Du 45 au 90 c’est le carnage complet. Du jamais vu ! En descente j’étais debout sur les pédales et presque à l’arrêt. J’arrive au bout des 90 avec une fatigue pire que lorsque je fais mon tour à Orthez de 150 km. Là je me dis…tu vas en chier mon pote !

Jeudi, je fais la reconnaissance de la partie retour où je m’attendais à rouler comme un fou avec vent dans le dos. Indurain à la belle époque quoi ! Et en fait c’est le cas pendant 30 km ensuite le vent devient défavorable. A l’arrivée même sensation que la veille de fatigue. L’après-midi, natation en mer et essayage de la combinaison de Benoît qui me lacère partout au niveau de la cage thoracique. Mon dos est toujours bloqué et quasiment impossible d’enfiler des chaussettes.

Vendredi je décide de me faire un enchainement tranquille pour la confiance. 1h20 de vélo où je pars sans la gourde (c’est bon pour l’affutage) 40 minutes à pied et barbotage en mer.

Le samedi matin réveil avant l’heure puisqu’au niveau du sommeil c’est pas encore ça avec le décalage. Après le cérémonial du marquage je vais dire bonjour au vélo qui a passé la nuit à la belle étoile puis je me dirige vers une pelouse pour attendre environ 30 minutes avant le départ. A 10 mètres à peine Frodeno était le seul pro présent sur cet endroit. Il était accompagné de sa femme qui lui parlait sans cesse. Il semblait très concentré et pas avec une tête j’ai gagné d’avance, loin de là.

Les pros partent et c’est qu’à ce moment que j’enfile la combinaison de Benoît (j’ai hésité à la mettre mais rien que pour le symbole je l’ai porté) et me dirige vers le départ. Je voulais éviter au maximum le stress inutile.

Comme discuté avec Benoît, je décide de me placer vers la gauche de la ligne de départ quitte à nager plus et espérer ainsi prendre le moins de coup. 10 minutes avant le départ je rentre dans l’eau et me dirige pour me placer sur la gauche. Au bout de 5 minutes ça commence à se bousculer et ça me gonfle sérieusement. Je regarde sur la droite et en fait y avait beaucoup moins de monde. Ils ont dû tous penser à la même stratégie que moi du coup il y avait plus de monde à l’extérieur qu’à l’intérieur. Je décide alors de partir plus à droite.

Poum ! c’est partie. J’ai du mal à poser la nage tellement le niveau est relevé et faire des écarts dans ces conditions pour se dégager est impossible. Je ne prends pas de plaisir sur la nat tellement j’ai stressé tout le long à l’idée d’être entouré par une horde de hyènes qui de temps à autre te montrait les dents.

La transition se passe bien. J’ai même pensé à prendre la pompe dans la poche arrière au cas où (je devais être le seul sur les 2500)

Le départ vélo se passe comme sur le tour de France. Genre t’es au bord de la route et les coureurs défilent devant toi sans avoir le temps de les reconnaître. Du coup la tactique devient, je fais les 180 km tout seul de bout en bout et au moins j’aurais cette fierté. Drafter aurait été compliqué car il aurait fallu que j’appuie plus fort d’une part et risquer le carton d’autre part.

Je retrouve les mêmes conditions de vent qu’à la reconnaissance. Sur le retour je rattrape quelques fugitifs qui m’ont doublé sur l’aller mais ce n’est qu’une infime partie. Je décide de profiter de l’instant et je prends même le temps de reconnaître les pros qui me croisaient lorsque j’étais sur l’aller et eux sur le retour. J’encourage Viennot mais il était déjà loin de la tête de course. A 3 km de l’arrivée, je croise Frodeno à pied il attaquait le 20ème et Kienle était derrière à environ 2 minutes. La classe de voir ça en direct !

Je descends du vélo et là c’est la classe, un voiturier le prend et se charge de le garer. Les premiers pas ne sont pas fluides. Entre le fessier, le dos et le genou. La machine est usée.

Je sors du parc et je vois de suite que je n’avais pas la foulée d’un 3.03 ou 3.05 mais plutôt celle de zurich. Je croise Séverine de suite après la première montée ça me fait du bien au moral. 200 mètres après, Romain Guillaume en spectateur m’encourage. 

J’attaque l’aller-retour de 16 km sur Ali drive et les sensations sont de mieux en mieux. Je prends de la glace à tous les ravitos sans m’arrêter sous la casquette. J’arrive ainsi à gérer la chaleur mais la foulée reste courte et le genou me chatouille. Je m’efforce de garder de la fréquence pour ne pas tomber dans un faux rythme d’entrée. Je voulais absolument finir Ali drive dans un état potable et après…ce fût le cas. J’attaque la queen k sous une chaleur accablante. Jusqu’au 25ème ça allait puis la charge commence à descendre sérieusement au fil des hectomètres. Au passage je croise quelques pros hommes (pas les vainqueurs hommes qui ont fini lorsque j’étais encore sur Ali drive) Ryf avait une foulée fluide, trop facile alors qu’elle était au 40ème. Bien après elle, je croise Billard avec la tête des mauvais jours. Il saignait du nez et continuait sa course sans doute par respect à celle-ci comme à ses partenaires, bravo à lui. Je rattrape beaucoup de concurrents jusqu’au 30ème. Sur les 12 derniers, je me fais dépasser par au moins une cinquantaine de coureurs. A ce moment-là je ne suis concentré que sur une chose, tu ne marches pas quitte à courir en mode Yohann Diniz et tu gères le genou qui est de plus en plus douloureux.

La fin était éprouvante mais je profitais bien de la course.

Au final, j’arrive entamé mais moins qu’à Vichy. J’ai beaucoup aimé le parcours. C’est le plaisir de l’effort physique à l’état pur. Deux lignes droites de 90 km en vélo et des lignes droites interminables à pieds. C’était génial !

Je suis rarement satisfait de mes courses mais là c’était exactement ce que j’espérai à savoir ; ne pas marcher sur le marathon même pas aux ravitos, faire moins de 10 heures (histoire de dire que toutes mes courses étaient en moins de 10h) et faire le marathon en moins de 3h30 (pareil, pour le symbole de rester dans la lignée des autres)

Avec des si…j’aurais pu…Non rien du tout. Mon classement reflète mon niveau, celui d’un sportif amateur qui recherche dans le sport le bien être rien de plus.

J’espère ne pas vous avoir déçu par ce classement peu glorieux mais c’était mon maximum.

Dans tous les cas, ce fût un réel plaisir pour moi que de porter les couleurs de l’AB.

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